Signes de difficultés

Mercredi, 14 août 2019 à 10:26:51
 Font Size:     |        Print
 

Photo d'illustration : Reuters.

Nhân Dân en ligne - La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et l’avenir sombre du Brexit (séparation de la Grande-Bretagne et de l’Union européenne) ont eu un impact négatif sur les deux principales économies européennes que sont l’Allemagne et la France. Cela a également « assombri » les perspectives de croissance économique de l'ensemble de la zone euro.

Depuis fin 2018, les analystes ont établi des prévisions pessimistes pour les principales économies d'Europe. La plupart des experts économiques ont déclaré que l'Allemagne ferait face à un risque de perte de croissance en raison des répercussions de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, des taux d'imposition américains sur les voitures et du risque d'un Brexit sans accord. Ce double impact pourrait mettre fin à la « décennie de croissance dorée » de l’Allemagne.

La situation économique morose de ces derniers mois montre que le scénario susmentionné est en train de devenir une réalité. L’Office fédéral de la Statistique allemand (Destatis) a déclaré qu’en juin, les exportations allemandes avaient fortement chuté par rapport à la même période en 2018, ce qui avait affecté la croissance au deuxième trimestre de cette année. En conséquence, les exportations allemandes ont diminué pour s'établir à 106,1 milliards d'euros, soit une baisse de 8% par rapport à la même période en 2018. En juin, les exportations allemandes de biens vers des pays extérieurs à l'Union européenne (UE) ont fortement diminué de 10,7% en un an. Les importations allemandes de biens en provenance de pays non membres de l'UE ont également baissé de 8,9%.

Selon Destatis, les exportations représentent près de la moitié de la valeur de l'économie et les automobiles sont les principaux produits d'exportation de l'Allemagne avec des ventes annuelles de 230 milliards de dollars.

Le marché le plus important pour les voitures allemandes en 2018 était les États-Unis, avec un chiffre d'affaires de 27,2 milliards d'euros, suivi de la Chine avec 24,7 milliards d'euros et du Royaume-Uni (22,5 milliards d'euros). Par conséquent, avec l'intensification de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les relations commerciales entre les États-Unis et l'UE et les perspectives commerciales incertaines du Brexit, l'économie allemande en sera affectée.

Dans le même temps, d'autres indicateurs économiques importants de l'économie allemande sont également tombés dans une situation sombre. La confiance des consommateurs allemands était moins optimiste en juillet, selon une étude publiée par le plus grand institut d'études de marché allemand, GfK. Dans une autre enquête, l'Institut Ifo a déclaré que la confiance des entreprises allemandes en juin avait également atteint son plus bas niveau depuis novembre 2014. Tandis que l'indice du climat des affaires a reculé pour le troisième mois consécutif à 97,4 points, faisant chuter le taux de croissance de la plus grande économie européenne au deuxième trimestre de cette année.

La situation en France, autre locomotive économique de l'Europe, n'est pas très positive non plus. L'Institut national de la Statistique et des Études économiques (INSEE) vient de publier un rapport sur sa situation économique au deuxième trimestre de 2019. En conséquence, la deuxième plus grande économie européenne a connu une croissance plus lente que prévu, à seulement 0,2%.

Selon l'INSEE, le Président français Macron a annoncé depuis avril un certain nombre de mesures visant à apaiser les « gilet jaune » ,impliquées dans le plan de dépenses du Gouvernement, mais les dépenses des habitants en biens et services se sont stabilisées. Les analystes estiment dès lors que le gouvernement français aura du mal à atteindre l'objectif de croissance économique de 1,4% fixé en 2019.

La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé les prévisions de croissance économique de la zone euro pour 2019 et l'année prochaine. En conséquence, l’économie de la zone euro ne progressera que de 1,1% cette année, en baisse de 0,6% par rapport aux prévisions précédentes. En 2020, l'économie régionale progressera de 1,6% au lieu des 1,7% précédents.

Avec la situation défavorable actuelle de la région et du monde, les perspectives des économies allemande et française sont sombres. Il semble que les prévisions de la BCE soient encore trop optimistes et il est probable que la banque devra ajuster la politique de change ainsi que les précédentes prévisions des chiffres dans le temps à venir.

NDEL