Une guerre sans bruit

Mercredi, 06 novembre 2019 à 20:50:09
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Photo d'illustration : vtv.vn

Nhân Dân en ligne - Les États-Unis ont entamé le processus de retrait officiel de l'Accord de Paris sur les changements climatiques, devenant ainsi le premier pays à renoncer à ses engagements mondiaux. De nombreux pays ont exprimé leur déception face à cette initiative et ont affirmé leur détermination à coopérer dans la lutte contre les changements climatiques pour sauver la « planète verte ».

Le Département d'État américain a soumis au Secrétaire général des Nations Unies (ONU) une notification du retrait américain de l'accord de Paris sur les changements climatiques. C’est un pas en avant vers la réalisation de la promesse de l’élection du Président américain, D. Trump, car il avait déclaré que la participation de Washington aux engagements prévus dans l’accord global constituait un fardeau économique, sans équité aux travailleurs, entreprises et contribuables américains. Le président de la Maison-Blanche s'est plaint du fait que l'accord de Paris coûterait des milliards de dollars aux États-Unis en salaires perdus, en pertes d'emplois, et entraverait les industries d'extraction du pétrole, du gaz et du charbon. Le processus de retrait de l'accord global va durer un an, ce qui signifie que les États-Unis ne seront plus membres de l'Accord de Paris seulement à partir du 4 novembre 2020.

La décision des États-Unis a eu un impact significatif sur la lutte contre les changements climatiques. Bien que deuxième émetteur de dioxyde de carbone dans le monde, les États-Unis ne participent pas à l'effort conjoint dans cette guerre sans bruit. De nombreux pays et des membres du cercle politique américain critiquent vivement la décision du Président américain D. Trump de se retirer d'un accord nécessaire et irremplaçable, dans la mesure où la planète est menacée par les changements climatiques. Le Japon, la France et de nombreux pays ont exprimé leurs « regrets » à l’égard du lancement officiel par les États-Unis du processus officiel de retrait de l'Accord de Paris.

Les responsabilités que doivent assumer les autres pays participant à l'accord mondial de lutte contre les changements climatiques se révèlent donc « vitales » pour la santé de la planète. Les pays donateurs se sont engagés à mobiliser 9,8 milliards de dollars en faveur du Fonds vert pour le climat afin d'aider les pays en développement à faire face au réchauffement de la planète. C'est un chiffre impressionnant, bien que différent des 15 milliards de dollars estimés. La Royaume-Uni, la France et l'Allemagne sont convenues de doubler leur contribution pour compenser la suppression de la contribution américaine à ce Fonds. Le Fonds vert pour le climat, basé en République de Corée, a été lancé par les pays participant à la Conférence des Nations Unies sur le climat de 2015, qui s’engageaient à verser 100 milliards de dollars par an jusqu'en 2020 pour aider les pays en développement dans le domaine de l’environnement.

Le Sommet sur l’économie verte, qui s’est tenu à Dubaï, dans les Émirats arabes unis, a récemment appelé à des politiques plus radicales, notamment le passage à une économie verte, afin d’atteindre les objectifs de l'accord de Paris sur les changements climatiques. L’assistant du Secrétaire général de l’ONU, O. Sarmad, a averti que le monde faisait face à une « crise critique ». Selon lui, les pays ont conclu de nombreux accords, défini des politiques et disposent de nombreux outils, mais il faut maintenant renforcer la mise en œuvre intégrale de ces accords. L'ancien Président colombien J. Santos, titulaire du Prix Nobel de la paix 2016, a averti que la menace des changements climatiques avait dépassé la perspective d'une guerre nucléaire et était devenue la préoccupation la plus urgente à laquelle l'humanité soit confrontée.

Près de 200 pays et territoires du monde participant à l’Accord de Paris sur les changements climatiques se sont fixés des objectifs de réduction des émissions afin de limiter le réchauffement de la planète à moins de 20°C ou idéalement à 1,50°C par rapport à la période préindustrielle. À cette fin, en particulier dans le contexte de l'augmentation continue des émissions dans l'atmosphère, qui provoque des vagues de chaleur et des tempêtes, l’ONU encourage les pays à poursuivre leurs propres efforts. Le Fonds monétaire international (FMI) exhorte les plus grands émetteurs de carbone du monde à accepter une taxe sur les émissions de 75 dollars par tonne au cours des dix prochaines années afin de maintenir les changements climatiques à un niveau sans danger. Selon le FMI, ces taxes contribueront à réduire les polluants environnementaux.

Dans la lutte contre les changements climatiques, les pays riches doivent assumer leurs responsabilités pour aider les pays pauvres à atteindre des objectifs communs. Cependant, il existe encore de nombreux défis lorsque chaque pays a ses propres calculs, ce qui entraîne de profonds désaccords entre les politiques et les actions. Sans parler des nombreux pays dont la capacité financière est insuffisante pour mener à bien les projets « verts » au regard des objectifs fixés. Dans le même temps, la contribution financière au Fonds vert pour le climat ne représente qu’une petite part des engagements initiaux des pays riches.

NHÂN DÂN/NDEL