Inquiétude autour d’une double crise

Dimanche, 18 août 2019 à 10:26:58
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Nhân Dân en ligne - Le processus stagnant et imprévisible du Brexit (le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne - UE) a exercé un impact négatif sur le Royaume-Uni et les autres pays européens. Les analystes s'inquiètent du risque de double crise économique et politique au Royaume-Uni dans les années à venir.

Selon l'Office national de Statistiques du Royaume-Uni, le produit intérieur brut (PIB) du pays a baissé de 0,2% au deuxième trimestre de 2019, après avoir augmenté de 0,5% au premier trimestre de l'année. En conséquence, la production industrielle a reculé de 1,4%, la baisse la plus importante depuis le quatrième trimestre de 2012. La raison en est la réduction de la quantité de marchandises que les entreprises ont stockées auparavant pour se préparer au Brexit et l’arrêt du fonctionnement d’un certain nombre d'usines automobiles.

L’issue imprévisible du Brexit et des facteurs externes néfastes portent également préjudice à l’économie des pays de l’UE. La croissance économique dans la zone euro a ralenti au deuxième trimestre. Le PIB de cette zone a augmenté de 0,2% sur la période avril-juin, soit deux fois moins que sur les trois premiers mois de l’année, selon la première estimation récemment publiée par Eurostat, l’institut de la statistique de l’Union européenne.

Les analystes ont estimé que les difficultés de l'économie mondiale et le risque d'un Brexit sans accord avaient ouvert de sombres perspectives pour l'économie de l'UE en général et pour l'économie britannique en particulier au troisième trimestre. Si la croissance du PIB continue de ralentir au cours du prochain trimestre, l’économie britannique se retrouvera officiellement en récession juste avant de quitter l’UE, comme prévu, à la fin du mois d’octobre. De nombreux analystes s’inquiètent qu’un Brexit sans accord provoque un choc sur l’économie mondiale, poussant le Royaume-Uni vers la récession, perturbant les marchés financiers et affaiblissant la position de Londres en tant que centre financier international. En outre, la Fédération britannique des industries de l'alimentation et des boissons vient d'avertir qu'un Brexit sans accord pourrait perturber les approvisionnements alimentaires au Royaume-Uni pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

En fait, le scénario d'un Brexit sans accord pourrait devenir réalité puisque le Premier ministre Boris Johnson, qui a pris la direction du pays le mois dernier, s'est engagé à quitter l'Union européenne le 31 octobre, même si aucun n'accord n'est trouvé d'ici là.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a récemment pressé l’UE de revoir l’accord conclu avec le précédent gouvernement britannique en 2018, précisant que Bruxelles devrait assumer la responsabilité d'un Brexit sans accord s'il ne transigeait pas. Le chef de la diplomatie britannique a affirmé que Londres ferait face aux risques pouvant découler de sa sortie de l'UE et a souligné sa détermination à réaliser le Brexit.

Cependant, l'UE a refusé de négocier avec le Royaume-Uni un nouvel accord sur le Brexit. À l’issue d’une réunion avec le principal conseiller du Premier ministre britannique David Frost, les responsables de l'UE ont déclaré qu'il n'y avait actuellement aucune base pour des « discussions constructives » avec le Royaume-Uni sur le Brexit.

En plus du désaccord sur le Brexit entre le Royaume-Uni et l’UE qui n'a pas été résolu, la division interne sur cette question reste profonde. Le 14 août, Jeremy Corbyn, chef de l'opposition travailliste britannique, a envoyé une lettre à l’ensemble des responsables politiques du pays opposés au Brexit brutal brandi par B. Johnson.

Une enquête d'opinion ComRes montre que 54% des personnes interrogées disent être d'accord avec B. Johnson sur la nécessité de réaliser le Brexit par tous les moyens, dont la suspension du Parlement si nécessaire pour empêcher les députés de le stopper.

Les divergences entre les affirmations des responsables de l'UE et du Royaume-Uni et les points de vue de la population ont montré que le désaccord concernant le départ du Royaume-Uni de l'UE est toujours profond. Il semble que, outre le risque de récession économique, le risque d'instabilité politique augmente au Royaume-Uni. ING, l'une des plus grandes banques d'Europe, a annoncé que son hypothèse centrale était que le Brexit serait retardé, avec 40% de chances de déclencher des élections nationales au Royaume-Uni.

NDEL