Les guerres de résistance pour le salut national: La plus grande résistance dans l'histoire de luttes contre les envahisseurs (3ème partie)

Lundi, 16 juin 2014 à 00:19:27
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Le IIIe Congrès national du Parti (septembre 1960). Photo: Archives

Nhân Dân en ligne - Conformément à l'Accord de Genève, le 10 octobre 1954, notre armée entra dans la capitale. Les derniers soldats français se retirèrent du Nord le 16 mai 1955 par le port de Hai Phong.

La moitié Nord du pays fut complètement libérée. Néanmoins, son économie après-guerre fut tellement épuisée et arriérée. Les conséquences néfastes de l'époque coloniale et féodale furent très graves. Des rizières et terrains cultivables furent abandonnés, des digues, des barrages détruits; des buffles et des instruments de travail manquèrent; tandis que les techniques culturales furent obsolètes. La vie des paysans fut tellement difficile. Dans les grandes villes et centres urbains, des machines et équipements industriels des usines furent démontés ou détruits; les ouvriers furent en chômage.

Face à ces difficultés, le Parti procéda au redressement de l'économie nationale. Les paysans exploitèrent des terres abandonnées, les ouvriers quant à eux, restaurèrent et élargirent leurs usines. De nombreuses usines furent nouvellement construites (usine de mécanique Hanoi, usine d'allumettes Thong Nhat, usine de transformation de bois Cau Duong, conserverie de Hai Phong). Les voies ferrées furent restaurées, des milliers de kilomètres d'axes de communications furent refaits, de nombreux ports furent nouvellement construits ou élargis. L'artisanat et le commerce reprirent leur fonctionnement normal. Le pouvoir démocratique populaire fut consolidé, le front national uni élargi, les relations internationales multipliées. Après la réforme agraire et la restauration économique, le Parti et le gouvernement ont défini le plan de transformations socialistes, créant les prémisses économiques pour la période 1958-1960. L'agriculture, l'artisanat, le commerce de petite envergure, l'industrie et le commerce privés firent l'objet des transformations, dont la plus importante consista en la création des coopératives agricoles. Les progrès socio-économiques ont favorisé l’épanouissement de la culture, de l'éducation et de la santé. La Constitution de la République Démocratique du Vietnam promulgue le 1er janvier 1960 fut une grande victoire du nouveau régime.

Après la libération du Nord, le but de faire progresser le pays vers le socialisme fut un succès dans la stratégie de la révolution du Vietnam. Le Nord devint alors la grande base arrière pour la lutte menée par ses compatriotes du Sud. Il s'agit du facteur décisif pour la victoire finale de notre révolution démocratique populaire, de la réunification du pays, du progrès vers le socialisme.
Aussitôt après la conclusion de l'Accord de Genève, l'impérialisme américain fit volteface en plaçant le Sud Vietnam sous le patronage de l'Organisation du Traité de l'Asie du Sud-Est (SEATO) - bloc militaire précédemment instauré par Washington. Il fit ensuite pression sur le commandement français pour mettre sur pied un pouvoir fantoche avec Ngô Dinh Diêm comme chef. Ce gouvernement appuyé par les Américains refusa alors les élections générales conformément aux dispositions de l'Accord de Genève, ce qui permit aux Américains de faire du Sud Vietnam leur colonie de type nouveau. Washington expédia massivement au Sud Vietnam des armes, du personnel militaire pour installer des bases logistiques, aéronavales, mena une "guerre unilatérale" contre notre peuple. Il fit construire dans le Sud Vietnam un réseau serré des prisons et camps de détention. Il institua un système juridique inhumain dans lequel figure la loi 10/59 qui donna lieu aux décapitulations des résistants arrêtés. Il procéda également aux actes de terrorisme vis-à-vis des religions et rétrécir les droits et libertés de la population.

À cette époque tellement difficile, la révolution du Sud Vietnam voyait enfin la lumière au bout du tunnel quand il rendu public le "Plan de la révolution du Sud Vietnam" élaboré par Lê Duân, membre du Bureau Politique, Secrétaire du Comité régional du Parti de Nam Bô. Ce plan soufflait un nouveau vent au mouvement révolutionnaire: "la population du Sud Vietnam n'a qu'une voie unique. Telle est la voie révolutionnaire". Il fut suivi par la Résolution 15 du Comité central du Parti qui définit les orientations principales de la révolution du Sud: association entre la lutte politique et la lutte armée, impulsion des mouvements populaires. Les soulèvements de Bac Ai en février 1959 et de Trà Bông en avril 1959 se généralisaient partout au Sud Vietnam pour se transformer en mouvement de Dông Khoi (soulèvement général) à Bên Tre en janvier 1960. Le 20 décembre 1960, fut fondé le Front national de la libération du Sud Vietnam dont le but est de réunir tout le peuple, de lutter contre les agresseurs américains et leurs hommes de main.
Le développement rapide tant de la révolution du Nord que de celle du Sud créait de changements actifs dans tout le pays. Le IIIe Congrès national du Parti eut lieu à Hanoï du 5 septembre au 10 septembre 1960. Le Président Hô Chi Minh lors de ce Congrès affirma: "Ce Congrès est celui de l’édification du socialisme du Nord et de la lutte pour la paix et la réunification du pays". Les 47 membres officiels et 31 membres suppléants du nouveau Comité central du Parti y furent élus. Ce Comité à son tour vota le Bureau politique composé de 11 membres officiels et 2 membres suppléants, le Secrétariat de 7 membres. Le Président Hô Chi Minh fut réélu le Président du Parti. Lê Duân fut élu le Premier Secrétaire du Comité central du Parti.

Le Président Hô Chi Minh (gauche) et le secrétaire général du Parti période1960 - 1986. Photo: Archives.

Le IIIe Congrès national du Parti définissait les tâches communes de tout le pays, les tâches propres au Nord et au Sud ainsi que le rapport entre elles. Le Nord se mit à mettre en place le premier plan quinquennal pour la période 1961-1965: le développement de l'industrie devait se baser sur les résultats enregistrés par l'agriculture. L'industrie bénéficiait des investissements de l'État pour se développer. Les réseaux d'axes de communication, de voies ferrées, de voies fluviales et maritimes furent consolidés et complétés. Le commerce d'État fut pris en considération. Les domaines de la culture, de l'éducation et de la santé enregistraient des progrès notables. Les forces armées populaires qui gagnèrent en puissance, et devinrent de plus en plus disciplinées, furent dotées des moyens de plus en plus sophistiqués. Lors de la Conférence politique spéciale tenue en mars 1964, le Président Hô Chi Minh a dit: "Au cours de ces 10 dernières années, le Nord du pays a fait les grands pas jamais vu dans l'histoire nationale. Notre pays, notre société et notre peuple ont fait peau neuve."
En même temps, l'impérialisme américain changea de stratégie en abandonnant "la guerre unilatérale" qui datait de 1954 à 1960 pour adopter "la guerre spéciale". Les aides américaines permirent au régime diémiste du Sud de procéder successivement aux opérations de massacre, visant à anéantir les forces révolutionnaires. Il forca l’ensemble de la population rurale à se regrouper dans les hameaux stratégiques afin d'y installer un contrôle draconien; il construisit un système serré des postes et bunkers afin d'imposer une surveillance extrême sur les populations, de pousser nos forces révolutionnaires hors des hameaux; il mit en place le programme de "pacification du Sud".

Sous le drapeau de solidarité pour le salut national dresse par le Front dirige par le Parti, l’armée de libération du Sud impulsa avec l'appui de la population la lutte contre les agresseurs américains et le pouvoir saïgonnais. Elle attaqua l'ennemi à la fois sur les deux plans politique et militaire par les mesures politiques, les moyens militaires et la propagande et agitation dans le camp de l'ennemi. Les ennemis furent harcelés dans toutes les trois zones stratégiques, à savoir les montagnes, les zones rurales et les centres urbains. La victoire de Âp Bac à My Tho qui eut lieu le 2 janvier 1963 commençait une série de victoires éclatantes. Vers la fin 1964 et le début 1965, de nombreux hameaux stratégiques furent démolis. La lutte politique se leva dans plusieurs centres urbains et zones rurales. À Sàigon, Huê et Dà Nang en particulier, l'ensemble de la population était engagé dans cette lutte sans merci. Ce fut ce mouvement populaire qui jouait le rôle décisif dans l'ébranlement du pouvoir fantoche de Saigon, obligeant ainsi les Américains à procéder à un coup d'État renversant Ngô Dinh Diêm.
Début 1965, face au risque d'échec de la stratégie "guerre spéciale", les Américains envoyèrent massivement leur corps expéditionnaire et les soldats des pays vassaux au Sud, avec les moyens de guerre sophistiques, et ce dans l'espoir de sauver la face par une agression directe: la guerre locale au Sud et la guerre de destruction au Nord.

Se fiant de sa supériorité en moyens de guerre et en effectif nombreux, aussitôt après l’envoi de ses troupes au Sud, le commandement américain procéda successivement à 2 contre-offensives stratégiques pendant les deux saisons sèches de 1965-1966 et de 1966-1967, afin de briser "la colonne vertébrale" de nos forces régulières. Cependant, ayant l'avantage de se retrancher dans les régions stratégiques, notre armée porta aux ennemis des coups sévères: la bataille Nui Thanh Quang Nam qui eut lieu dans la nuit du 27 mai 1965 suivie par celles de Da Nang dans la nuit du 30 juin 1965, de Van Tuong les 18 et 19 août 1965. La défaite des Américains lors de la bataille de Van Tuong fut considérée comme la défaite des hommes du pouvoir saïgonnais au cours de la bataille de Âp Bac. En position offensive, les populations et les forces armées du Sud allèrent de victoire en victoire, brisant ainsi les 2 contre-offensives ennemies. Partout dans le Sud, de Tri Thiên, à la région centrale du Centre, à la région orientale du Sud en passant par les Hauts-Plateaux de Tay Nguyen, les ennemis furent cruellement attaqués. Les Américains et leurs hommes de main se virent dans une situation difficile et passive.

Dans le Nord, les Américains mirent en scène « l’événement de la baie Bac Bo » le 5 août 1964, bombardant quelques endroits comme la rivière Gianh, Vinh, Bên Thuy, Lach Truong, Hon Gai. Le 7 février 1965, les forces aériennes américaines commençaient leur guerre de destruction au Nord qui consista à attaquer les bases économiques et de défense de la grande base arrière socialiste, empêchant les aides de cette dernière au grand front du Sud.

Cependant, leurs tentative et actes folles se heurta à une riposte héroïque des troupes et des populations du Nord. Les forces DCA, les forces de l’air, les forces navales ainsi que les forces d'autodéfense populaires, même avec des armes rudimentaires s'engagèrent dans le combat; ceux qui n'entrèrent pas directement dans le combat se chargèrent de la tâche de ravitailler les forces armées. Dans le Nord, fut adoptée la politique de militariser toute la population, fit construire les tranchées et bunkers au service de la défense, les abris. Les mouvements d'évacuation et de dispersion furent radicalement entrepris afin d'éviter les pertes humaines et matérielles, tout en assurant la production et les activités quotidiennes. Dans l'esprit de « rien n’est plus précieux que l'indépendance et la liberté », une multitude de mouvements et actes révolutionnaires fut déclenchée, à savoir « Déterminer à vaincre les agresseurs américains », « Combattre les ennemis tout en travaillant dans les rizières", « Trois disponibilités », « Trois assiduités », « Deux bonnes actions », « Mille bonnes actions ». Pendant 4 années, du mois d'août 1964 au mois de novembre 1968, les forces armées et populations du Nord mirent hors de combat plus de 3230 avions américains dont 6 unités B52, 3 F111; anéantirent et capturèrent des milliers de pilotes américains.

Essuyant de graves pertes dans tous les 2 fronts Sud et Nord, les Américains durent, le 1er novembre 1968, déclarer cessation des bombardements au Nord. Malgré que les pertes causées par les bombardements massifs américains pesaient lourdement sur la vie des populations du Nord, le Nord resta toujours la grande base arrière du Sud. Pour le Sud, les populations du Nord furent déterminés à « travailler doublement », à concentrer les forces pour ravitailler le Sud; partout dans le Nord, on entendait la devise « traverser la chaîne Truong Son pour aller sauver la Patrie ». L'Oncle Hô a dit: « En ce moment-là, combattre les Américains pour le salut national est la mission la plus sacrée de tous les Vietnamiens patriotes ».

Le Bureau Politique du Parti décida, en analysant le contexte national et international, de « mettre la guerre révolutionnaire de la population du Sud dans une nouvelle étape - celle des victoires décisives ».

Le chant traversant la chaîne Truong Son pour le salut national. Photo d'archive.

Dans la nuit du 20 janvier 1968, nos forces armées lancèrent une offensive tenace au camp retranché de Khe Sanh, menaçant la ligne de défense sur la Route N° 9 de l'ennemi. Tandis que le commandement américain se dépêcha d'expédier sur ce nouveau théâtre d'opérations les unités américaines et fantoches, dans la nuit du 30 et le 31 janvier 1968, nos forces armées lancèrent simultanément des attaques sur tout le territoire du Sud. Dans l'ambiance éclatante des offensives générales et soulèvements du Têt Mâu Thân, une série de points névralgiques à l'intérieur même de Saigon se virent attaquer : l'Ambassade américaine, le « Palais de l'Indépendance », le siège de l'état-major interarmées fantoches, la radio, le siège central des services de police, le commandement de la marine, l'aéroport de Tân Son Nhât... À Huê, quelques 40 points dans les zones urbaines et la banlieue firent l'objet de nos attaques. L'ennemi dut essuyer de grandes pertes tandis que les prisonniers politiques détenus à Huê furent libérés. Les masses populaires firent aussi les soulèvements, liquider les éléments ayant les dettes de sang envers la Révolution; l'administration fantoche fut renversée, une autorité révolutionnaire fut créée. Le drapeau de la révolution flotta au vent sur la Tour du Drapeau de la Citadelle intérieure pendant tout un mois. Dans les fronts de la Ve Zone et dans les Hauts-Plateaux de Tây Nguyên, les aérodromes de Dà Nang, Nuoc Man, Chu Lai, les dépôts des combustibles Liên Chiêu, Tan Canh, Nha Trang, Buôn Ma Thuôt, Pleiku, Kontum, Quy Nhon, Hôi An, Quang Ngai, Tuy Hoa furent simultanément attaqués. La plupart des villes et centres urbains des provinces du Sud se virent attaquer. Pendant un laps de temps très court, les troupes élites de l’armée américano-fantoche durent subir de graves pertes.

Bénéficiant de l'avantage créé par les forces régulières, les populations dans les régions rurales et montagneuses se soulevèrent pour porter des coups sévères aux ennemis et reconquérir le contrôle. Dans ce contexte de guerre acharnée, fut fondé l'Alliance des forces nationales, démocratiques et pacifiques du Vietnam, regroupant les masses de différentes classes, les intellectuels anti-américains. Les offensives générales et soulèvements du Têt Mâu Thân firent renverser la stratégie (Janie par l'ennemi et défirent la stratégie de «guerre locale» des Américains, ébranlèrent leur volonté, les obligèrent à descendre l'escalade et à négocier avec nous à la Conférence de Paris.

En se basant sur les victoires des offensives générales et soulèvements du Têt Mâu Thân, l'administration révolutionnaire ne cessa d'être consolidée. Le 6 juin 1969, le Front national de libération du Sud et l'Alliance des forces nationales, démocratiques et pacifiques du Vietnam organisèrent le Congrès des représentants du Sud qui désignera le gouvernement provisoire et le Conseil des conseillers au gouvernement. Aussitôt après sa fondation, le Gouvernement provisoire de la République du Sud Vietnam fut reconnu par 25 pays dans le monde (en 1975, 75 pays ont reconnu le gouvernement provisoire de la République du Sud Vietnam et établi les relations diplomatiques avec ce dernier).

Arrivé au pouvoir dans le contexte où la position et les forces des États-Unis se déclinaient, le Président Nixon se vit obliger de mettre au point la stratégie et le dessein de prolonger et étendre la guerre. Avec leur politique de «Vietnamisation de la guerre», les Américains ne ménagèrent pas les efforts pour renforcer les forces fantoches, pour «faire combattre les Vietnamiens par les Vietnamiens». Fin 1969, ils commandèrent les raids aux régions libérées du Laos. En mars 1970, ils procédèrent à un coup d'état renversant le gouvernement légitime du Roi Norodom Sihanouk; ils introduirent leurs troupes au Cambodge afin d'étendre la guerre dans toute l'Indochine. Cependant, cette aventure les poussa dans une situation difficile et réunit plus étroitement les peuples vietnamiens, laotiens et khmers. Le Sommet des peuples indochinois tenu le 24 février 1970 traduisait la force de solidarité entre les 3 pays contre les agresseurs américains.

Fin janvier 1971, les Américains et les forces fantoches lancèrent une grande opération sur la Route N° 9 - Laos méridional, visant à détruire les voies de communication au service de ravitailler le front du Sud Vietnam. Cependant, cette opération essuya enfin de grandes pertes infligées par les forces laotiennes en coordination avec les forces vietnamiennes.

Les difficultés des Américains pendant les trois années consécutives de mise en œuvre du plan de « Vietnamisation de la guerre » furent innombrables. Les forces ennemies se furent affaiblies, ce qui permit à nos forces et populations d'ouvrir I'Offensive stratégique de 1972. Le chef-lieu de Quang Tri commence l'Offensive, brisant la ligne de défense la plus solide des ennemis. Pendant plusieurs mois, en vue de reconquérir ce chef-lieu, les Américains mobilisèrent une puissance de feux jamais vue dans l'histoire des guerres, dont les bombardiers B 52, les forces d'artillerie et la Flottille 7, pour attaquer un territoire de faible superficie. Le chef-lieu de Quang Tri marque alors la victoire glorieuse des combattants de libération qui résistèrent sous un feu tellement violent des Américains pendant 81 jours et nuits et qui leur portèrent des coups sévères. Le combat tenace à l'ancienne Citadelle de Quang Tri fut une épopée de l'héroïsme révolutionnaire du Vietnam.

L'Offensive stratégique de 1972 fit subir aux Américains un échec important dans la stratégie de « Vietnamisation de la guerre ». Dans l'espoir de sauver cette stratégie, Nixon empiétera sur l'engagement tenu par le gouvernement américain en novembre 1968 en expédiant massivement les unités aéronavales pour détruire le Nord une deuxième fois. L'Assaut stratégique par les bombardiers B52 pendant les 12 jours et nuits contre Hanoi et Hai Phong et quelques autres centres urbains du Nord furent typiques par l'atrocité. Avec cet assaut, le commandement américain pensait pouvoir porter le coup décisif à la volonté de libérer le Sud de nos forces armées et populations, nous obligeant ainsi d'accepter les exigences avancées par les Américains dans la salle de négociation. Du 18 au 29 décembre 1972, Nixon fit attaquer le Nord par les avions parmi lesquels il y eut plus de 200 B52 et les navires. Cependant, dès la première nuit du 18 décembre, nos forces de DCA combattirent remarquablement, anéantissant dans le ciel de Hanoi 2 bombardiers B52. Pendant les nuits suivantes, plus les ennemis nous attaquèrent, plus ils essuyèrent de graves pertes. Notre armée de l’air extermina 2 bombardiers B52. Pour la première fois dans leur histoire, les forces de l’air américaines subirent de tels coups sévères. Pendant les 12 jours et nuits de combat, notre armée et notre population mirent hors de combat 81 avions, dont 34 bombardiers B52, 5 F111, des centaines de pilotes américains furent captures ou morts. Le monde entier parla d’un Diên Biên Phu en l’air. Le 30 décembre 1972, le gouvernement américain dut déclarer la cessation des bombardements contre le Nord et se résigna à retourner aux négociations à Paris. Le 27 janvier 1973, fut conclu l'Accord sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Vietnam; après près de 20 ans d'agression au Vietnam, les Américains durent le 29 mars 1973 retirer leur corps expéditionnaire du Vietnam.

Après l'Accord de Paris, malgré d'innombrables destructions de guerre, la population du Nord fut mobilisée dans le développement économique. Pendant les années de 1973-1974, les établissements économiques furent relativement restaurés. Fin 1974, la production industrielle et agricole battit le record de 1964. En tant de grand arrière, le Nord envoya au front du Sud plus de 200 mille hommes, de dizaines mine volontaires civils, cadres et techniciens... Dans les 2 premiers mois de 1975, le Nord envoya 60 mille de personnes ainsi que de dizaines mille tonnes d'armes, de munitions, de vivres et équipements au front du Sud. Pendant les 2 années (1974-1975), la piste historique de Hô Chi Minh, qui assumait le rôle important pendant 15 ans, fut élargie pour atteindre une longueur de plus de 16.000 km, comprenant 6 axes Est-Ouest le long de la chaîne de Truong Son et 25 voies transversales rejoignant les fronts. Il faut ajouter un réseau de conduite pétrolière de 5.000 km de longueur jusqu'à Lôc Ninh.