Le sanctuaire de My Son, témoignage du génie Cham

Jeudi, 22 mai 2014 à 14:36:25
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Une vue du sanctuaire de My Son.

Nhân Dân en ligne - Lors de la 23e session du Comité du patrimoine mondial tenu en 1999, le sanctuaire de My Son a été reconnu patrimoine culturel mondial par l'UNESCO. Ce site un témoignage exceptionnel d'échange culturel, et l’une des rares traces de la civilisation du Champa, qui a disparu au 15e siècle.

Le sanctuaire de My Son est niché dans une petite vallée appartenant à la commune de Duy Phu, district de Duy Xuyen, province de Quang Nam, à 69 km au sud-ouest de Dà Nang, 42 km de Hôi An et à 30km de l'ancienne citadelle de Trà Kiêu.
Le sanctuaire de My Son était le lieu de culte principal du royaume de Champa. C’est là aussi que les tombeaux des rois ou des membres de familles royales ont été construits. C’est l'un des plus grands sanctuaires religieux de l'hindouisme dans le Sud-Est asiatique.

Bien qu'une partie du site soit en ruine, My Son a été reconnu patrimoine culturel mondial.

Des touristes visitent la salle d’exposition de My Son.



Bas-reliefs typiques de l'imaginaire Cham.
Selon les documents, sa construction a débuté au 4e siècle et de nombreuses tours, grandes et petites, ont été ajoutées les siècles suivants. Le premier roi du royaume de Champa, Bhadravarman (Pham Hô Dat), qui a gouverné de 381 à 413, a ordonné de construire un sanctuaire pour les génies tutélaires du peuple Cham, Shiva en tête. À la fin du 6e siècle, le temple a été détruit par un incendie. Au début du 7e siècle, le roi Sambhavarman (Pham Phan Chi), qui a régné de 577 à 629, a reconstruit le temple avec des briques. Les dynasties de Champa qui se sont succédées n’ont cessé de préserver et d’améliorer les sanctuaires. Sous les dynasties des Vikrantavarman I et Vikrantavarman II, de nombreux grands sanctuaires ont été construits.
Les tours et les tombes ont été principalement construites entre les 7e au 14e siècles. Cependant, les fouilles montrent que les tombeaux des rois Cham ont été érigés à partir du 4e siècle et que le site comptait plus de 70 oeuvres architecturales. Tout au long de son histoire, le sanctuaire de My Son a subi des destructions dues aux guerres auxquelles se sont ajoutés les outrages du temps. En 1470, lorsque le royaume du Champa s'est ecroulé, le site a été complètement abandonné. Ce n’est qu’en 1885 qu’il a été redécouvert, par C. Paris, un explorateur français, et dix ans plus tard, les scientifiques ont commencé des recherches approfondies.
En 1904, après de nombreuses fouilles, deux archéologues, Launet Finot et H. Parmentier, ont publié une importante documentation. Les recherches menées par H. Parmentier ont montré qu'il y a 100 ans, My Son comptait 68 ouvrages, restaurés par l'Institut de recherche d'Extrême-Orient. En 1945, lorsque la guerre a éclaté, My Son a subi ses premiers outrages, et à la fin de 1969 il a connu ses plus lourdes destructions. Une tour de 30m de haut a été dévastée par les bombes américaines. Selon les inscriptions que l’on peut lire sur les stèles, elle a probablement été construite au 4e siècle et restaurée pour la dernière fois en 1224.
Actuellement, My Son compte encore 20 tours en brique mais la plupart d'entre elles sont en ruine. Essentiellement de style hindou, elles portent aussi l’influence du bouddhisme car le peuple Cham s’est tourné au 10e siècle vers le bouddhisme Mahayana (dit du "Grand Véhicule"). Les tours ont été construites sur un plan quadrangulaire et comportent trois étages. Le plancher symbolise la terre et le corps de la tour le monde des génies. Le dernier étage est en forme de pyramide, et symbolise le Mont Meru, lieu de résidence des génies selon la cosmogonie hindoue. Les tours sont sculptées d’images délicates très expressives: oiseaux, fleurs, feuilles, danseuses Apsara...
Bien qu'il n'y ait pas beaucoup de grandes tours comme à Angkor (Cambodge), Pagan (Myanmar) ou Borobudur (Indonésie), My Son joue un rôle important dans la compréhension de l'histoire ancienne de l’Asie du Sud-Est. Pour sa grande valeur, ce sanctuaire mérite son classement dans la liste des patrimoines culturels de l’humanité.
MANH THUONG/VNP (Photos: QUANG BACH)