La conservation du vieux quartier, élément phare de la coopération décentralisée franco-vietnamienne

Mercredi, 05 août 2020 à 11:09:20
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Nicolas Warnery, l’ambassadeur de France au Vietnam (à droite) travaille avec les autorités de l'arrondissement de Hoàn Kiêm. Photo: Duc Quy/VOV5

Nhân Dân en ligne - Le mécanisme de coopération décentralisée qu’ont mis en place la France et le Vietnam fonctionne efficacement, notamment pour tout ce qui touche à la préservation du patrimoine. Témoin le vieux quartier de Hanoi, où la ville de Toulouse et la région Île-de-France participent à différents projets de réhabilitation.

Situé au centre de l’arrondissement de Hoàn Kiêm, le vieux quartier de Hanoi - quartier des «36 rues et corporations» -, est l’âme de la capitale vietnamienne. C’est là que sont préservées les traditions de notre ville millénaire.

Sur le plan touristique, le vieux quartier, d’une superficie de 100 hectares, avec son patrimoine culturel, historique et architectural, est l’un des atouts majeurs de Hanoi. C’est même l’un de ses avantages comparatifs, à en croire Nicolas Warnery, l’ambassadeur de France au Vietnam.

«Je suis certain et j’affirme régulièrement que c’est la dernière ou la seule capitale asiatique qui a su préserver intégralement son patrimoine, alors que d’autres ont fait de très belles réalisations modernes mais en sacrifiant complètement leur histoire architecturale. Les Hanoïens ont su préserver leur Histoire, leur ville. Nous souhaitons par tous les moyens possibles - État, collectivités, entreprises, consultants, experts - apporter notre aide à tous ces projets de préservation du patrimoine», nous dit-il.

Certaines localités françaises - Toulouse, notamment - se sont beaucoup impliquées dans la préservation du patrimoine de Hanoi au cours de ces deux dernières décennies. Pham Tuân Long, le président du comité populaire de l’arrondissement de Hoàn Kiêm, s’en réjouit bien évidemment…

Pham Tuân Long, le président du comité populaire de l’arrondissement de Hoàn Kiêm (au milieu). Photo : Duc Quy/VOV5.

«Nous sommes très reconnaissant à la ville de Toulouse, parce que dès l’ouverture de l’économie du Vietnam, en 1995, elle a envoyé des architectes et des experts, ici, à Hanoi, pour nous conseiller et nous proposer un plan de conservation du vieux quartier. Il faut bien se rappeler qu’à l’époque, la situation économique était très difficile... Mais grâce à ces experts toulousains, le vieux quartier a pu survivre... Et puis il y a désormais cette collaboration avec la région Île-de-France, qui nous a permis de mettre en place différents projets de réhabilitation des espaces publics, et aussi d’évaluer l’impact environnemental de la circulation et de la zone piétonne sur le vieux quartier», nous explique-t-il.

C’est en octobre 2014 que le comité populaire de l’arrondissement de Hoàn Kiêm a décidé d’inaugurer six nouvelles rues piétonnes dans le vieux quartier. Et en septembre 2016, le contour du lac de l’Épée restituée et ses alentours devenaient piétons tous les week-ends. Grâce à la mise en place de ces rues piétonnes, Hoàn Kiêm a observé des améliorations importantes en terme de qualité de l’air et de pollution, y compris sonore. Forts de ce franc succès, les autorités locales et les représentants de la région Île-de-France sont en train d’étudier un projet d’élargissement de la zone piétonne.

En septembre 2016, le contour du lac de l’Épée restituée et ses alentours devenaient piétons tous les week-ends. Photo : Duc Quy/VOV5.

«Concrètement, nous avons l’intention d’étendre la zone piétonne au quartier colonial. Elle couvrirait alors l’Opéra, l’hôtel Métropole, l’Institut français de Hanoi et la Banque d’État», précise Pham Tuân Long.

De nos jours, le tourisme est le secteur le plus rentable pour l’arrondissement de Hoàn Kiêm, et c’est naturellement le vieux quartier, qui en reste le fleuron.

«Maintenant, les autorités de l’arrondissement de Hoàn Kiêm en particulier et de Hanoi en général sont plus autonomes, tant sur le plan technique que sur le plan financier», nous fait observer Pham Tuân Long. «La conscience des habitants du vieux quartier et de la communauté hanoïenne a également évoluée, positivement. Sur le plan financier, notre arrondissement a connu une nette augmentation de la recette, qui a doublé en cinq ans, passant de 4.500 milliards de dongs en 2014 à 9.800 milliards de dongs en 2019. Aujourd’hui, le niveau de vie des habitants s’est considérablement amélioré. Il n’y a du reste plus de foyers pauvres, dans notre arrondissement. Par contre, la quasi totalité de l’activité économique dépend du tourisme.»

Ces résultats sont d’autant plus beaux qu’ils témoignent d’une volonté de rapprochement entre deux pays, et il est heureux de songer qu’aujourd’hui, Hanoi doit un peu de son lustre retrouvé à Toulouse…

VOV/NDEL

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