Truong Dinh (1820-1864), leader de la guérilla anti-française

Mardi, 03 juin 2014 à 15:34:45
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L'intérieur du temple dédié au héros national Truong Công Dinh, au chef-lieu de Go Công, province de Tiên Giang. Photo : CTV/CVN

Nhân Dân en ligne - Truong Dinh ou Truong Công Dinh est né en 1820 dans le village de Tinh Biên, district de Son Tinh, province de Quang Ngai (Centre). En 1844, alors âgé de 24 ans, Truong Dinh accompagne son père, Truong Câm, dans la province de Gia Dinh (Sud) où ce dernier exerce les fonctions de chef militaire provincial, sous le règne du roi Thiêu Tri (1807-1847).

Là, Truong Dinh épouse Lê Thi Thuong, fille d’une riche famille dans le district de Tân An (province de Gia Dinh) et s’établit dans le pays natal de son épouse. En 1850, en répondant à la politique royale de défrichement des terres incultes, Truong Dinh réunit environ 500 paysans pauvres et dirige les travaux de défrichage et de fondation de nouveaux villages. En reconnaissance de cette action d’éclat de Truong Dinh, la Cour le nomme chef d’escouade.
Dès 1859, il lève des troupes insurrectionnelles pour attaquer les Français occupant Saigon (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville), il doit se retirer ensuite à Go Công. Devant la supériorité des armes modernes, la Cour de Huê adopte d’abord une politique de concession, laquelle finit par aboutir à la capitulation. Elle signe avec les Français le traité de 1862, cédant à la France trois provinces orientales (Gia Dinh, Biên Hoa et Dinh Tuong). Elle ordonne à Truong Dinh d’évacuer sa base de résistance pour commander les troupes d’An Giang à l’Ouest de Luc Tinh. Consacré par le peuple Grand maréchal pacificateur des Occidentaux (Binh Tây Dai Nguyên Soai), il désobéit au roi pour continuer la lutte armée. Patriotique, Truong Dinh a de la compassion pour le peuple. Sa troupe de partisans est celle réunissant le plus grand effectif (6.000 personnes), faisant subir de lourdes pertes à l’ennemi. Cela influence et galvanise grandement le mouvement patriotique contre l’invasion étrangère. Truong Dinh et sa troupe reçoivent alors le soutien du clan des partisans de la guerre dans la cour royale, lettrés, progressistes et peuple. Il se lie à d’autres troupes de maquisards pour coordonner les opérations. Le champ d’activité des insurgés s’élargit sur plusieurs provinces.
Le 26 février 1863, l’armée française lance une attaque contre la troupe de Truong Dinh dans sa base militaire. La bataille est atroce. En raison du déséquilibre des forces entre l’ennemi et les maquisards, Truong Dinh décide de se retirer vers la province de Biên Hoà et Tây Ninh, conservant ainsi ses effectifs et les provisions pour continuer la lutte.
Fin 1864, lors d’une bataille à la base de Tân Hoà, Truong Dinh tombe malencontreusement dans le piège tendu par l’ennemi. Ce à cause de la trahison d’un maquisard rallié à l’armée opposée. Pris dans le guêpier, Truong Dinh et ses hommes se résolvent à mener une guerre à mort contre l’ennemi. Dans ce combat, Truong Dinh a le malheur d’être blessé par balle à la colonne vertébrale. Sa volonté de ne pas tomber aux mains de l’ennemi aboutit à son suicide, d’un coup d’épée, le 20 août 1864. Il était alors âgé de 44 ans.
La disparition de Truong Dinh fut une grande perte pour la résistance contre l’ennemi étranger. L’insurrection menée par Truong Dinh contre l’invasion étrangère fut un jalon important de l’histoire de défense nationale. Ému de ce sacrifice, le poète patriote Nguyên Dinh Chiêu a écrit Van tê Truong Công Dinh (Oraison funèbre en l’honneur de Truong Công Dinh).
Près de 150 ans après la mort de Truong Dinh, de nombreux ouvrages historiques, littéraires, théâtraux dont les auteurs sont Vietnamiens ou Français, exaltent encore les mérites du grand héros. Dans de nombreuses localités du Centre et du Sud, le peuple a bâti et conserve encore aujourd’hui les monuments commémoratifs en l’honneur de Truong Dinh. Une grande fête culturelle dédiée à notre héros se déroule chaque année à Go Công (chef-lieu de la province de Tiên Giang). Les hauts faits de Truong Dinh restent profondément ancrés dans la mémoire collective.

CVN/NHÂN DÂN