L’UNESCO rend hommage à Nguyên Du, grand poète du Vietnam

Vendredi, 16 mai 2014 à 11:53:26
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Nhân Dân en ligne - L’assemblée générale de l’UNESCO a adopté, lors de la 37ème session tenue à Paris, une résolution honorant Nguyên Du, grand poète vietnamien, au même titre que plusieurs autres personnalités culturelles du monde. Cet événement est une belle prélude à la célébration du 250ème anniversaire de la naissance du poète, qui aura lieu en 2016.

Né en 1766 et décédé en 1820, Nguyên Du a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire culturelle vietnamienne. Il a écrit plusieurs oeuvres, toutes d’une grande qualité, mais il y en a une qui fait de l’ombre à toutes les autres de par sa popularité. C’est un roman en vers intitulé tout simplement « Kiêu ». Kiêu, c’est le prénom d’une jeune femme aussi belle que talentueuse qui a un destin des plus mouvementés. Le roman est écrit en caractères sino-vietnamiens et composé de 3.254 vers en six-huit. Depuis 200 ans, de nombreux chercheurs ont tenté d’expliquer et de décrypter l’oeuvre sous toutes ses facettes. Tous ont abouti à la même conclusion: le Kieu est le summum de la poésie vietnamienne. C’est une oeuvre profondément humaine qui a atteint la perfection artistique et linguistique. Et ce n’est certainement pas le professeur associé et docteur Ngô Van Gia, enseignant à l’École supérieure de la Culture de Hanoï, qui prétendra le contraire :« Nguyên Du nous a laissé un énorme héritage, non seulement sa pensée mais aussi sa recherche continuelle d’un style artistique à part. Sa contribution ne se limite pas dans le domaine littéraire, elle est considérable sur le plan culturel en général. Nguyên Du a joué un rôle majeur dans l’enrichissement de la langue vietnamienne. Quelqu’un a dit qu’avec l’apparition du Kieu, la langue vietnamienne avait atteint le niveau d’une langue littéraire et culturelle. Dans ce roman en vers, Nguyên Du a montré sa grande passion et son extraordinaire capacité de création. Une nation ne peut avoir que quelques figures dont elle peut être fière. Nguyên Du en est une. »

Le Kiêu est enseigné à tous les niveaux scolaires et étudié sous tous ses aspects : textologie, linguistique, prosodie, philosophie... Il est également entré au théâtre, au cinéma. Tous les Vietnamiens l’ayant appris peuvent facilement reprendre ses vers riches en signification pour commenter chaque situation rencontrée dans la vie. Certains font même de ce roman en vers un outil de divination. Une association des amateurs du Kiêu a vu le jour. Nguyên Khac Bao, un médecin dans la province de Bac Ninh, en fait partie. Ce passionné du Kieu possède jusqu’à 52 anciennes copies du roman en caractères sino-vietnamiens, dont 30 n’existe dans aucune bibliothèque du pays. « En constatant que les copies du Kieu de ma famille sont différentes de celles traduites en langue vietnamienne moderne, j’ai décidé de collecter d’autres copies en caractères sino-vietnamiens. J’ai commencé dans ma province, Bac Ninh, avant d’étendre dans tout le pays. J’ai même demandé à des amis dans d’autres pays, France, Canada, Etats-Unis, de photocopier d’autres versions du Kiêu pour me les envoyer. »

Le roman en vers de Nguyên Du a été traduit dans une bonne vingtaine de langues. Il est largement diffusé en France, aux États-Unis et est connu de nombreux amoureux de littérature dans le monde. Lors de sa visite au Vietnam, en l’an 2000, le président américain Bill Clinton a même cité un de ses vers : « le lotus se fane et le chrysanthème fleurit ».

L’UNESCO a particulièrement apprécié l’influence de Nguyên Du sur la culture du Vietnam et de la région. Ses oeuvres traduisent un esprit indépendant et créatif, un patriotisme et une fierté nationale sans égal qui l’ont aidé à surpasser la barrière lourde de mille ans des idéogrammes chinois pour composer ses oeuvres en caractères sino-vietnamiens. Nguyên Du est donc entré au panthéon des hommes de culture du monde, et avec lui, la quintessence de la langue et de la culture vietnamiennes.

NHÂN DÂN/VOV