Parc national de Phong Nha - Ke Bang

Vendredi, 16 mai 2014 à 11:05:45
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Phong Nha-Ke Bàng, reconnu par l’UNESCO en tant que patrimoine naturel de l’Humanité. Photo: VNA

Nhân Dân en ligne - La formation karstique du Parc national de Phong Nha - Ke Bang a évolué depuis le paléozoïque (il y a environ 400 millions d’années) et c’est la plus ancienne région karstique importante en Asie. Suite aux changements tectoniques importants, le paysage karstique du parc est extrêmement complexe et présente de nombreuses caractéristiques géomorphologiques très importantes. Ce vaste paysage, qui s’étend jusqu’à la frontière de la République démocratique populaire laotien, offre des phénomènes spectaculaires, dont de nombreuses grottes et rivières souterraines s’étendant sur plus de 65 kilomètres.

Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse


Le Parc national de Phong Nha-Ke Bang est situé au cœur de la chaîne annamitique de la province de Quang Binh au Viet Nam, et s’adosse, à sa frontière ouest, à la réserve naturelle de Hin Namno dans la République démocratique populaire lao. Le site a une superficie de 85 754 ha et comporte des habitats terrestres et aquatiques, des forêts primaires et secondaires, des sites de regénération naturelle, des forêts tropicales denses et des savannes, et est doté de grottes de grandes dimensions, souvent spectaculaires, et importantes sur le plan scientifique.

Le site contient et protège plus de 104 km de grottes et de rivières souterraines, ce qui en fait l’un des écosystèmes karstiques calcaires les plus exceptionnels du monde. La formation karstique est en évolution depuis l’époque paléozoïque (il y a quelque 400 millions d’années) - et, à ce titre, c’est la région karstique majeure la plus ancienne d’Asie. Ayant subi des changements massifs d’origine tectonique, le paysage karstique est extrêmement complexe, comprenant une série de types de roches interstratifiées de façon compliquée et de nombreux éléments géomorphiques. Le paysage karstique n’est pas seulement complexe mais est également ancien, présentant une haute géodiversité, ainsi que des éléments géomorphiques d’intérêt considérable.

Le processus de formation karstique a entraîné la création non seulement de cours d’eau souterrains mais d’une variété de types de grottes, y compris : des grottes sèches, en terrasse, suspendues, dendritiques et des grottes qui s’intersectent. D’une longueur de plus de 44,5 km, la grotte de Phong Nha est la plus fameuse du système : des bateaux de tourisme peuvent y pénétrer sur une distance de 1.500 mètres.


Le site compte un grand nombre d’espèces de faune et de flore, plus de 568 espèces de vertébrés ayant été répertoriés, dont 113 espèces de mamifères, 81 de reptiles et d’amphibiens, 302 d’oiseaux et 72 de poissons. Ce niveau impressionnant de biodiversité et de richesse d’espèces inclut un certain nombre d’espèces endémiques ainsi que d’espèces menacées, y compris : le tigre, l’ours noir d’Asie, l’éléphant d’Asie, le muntjac géant, le chien sauvage d’Asie, le gaus, et le saola, ce dernier ayant été découvert récemment.

Critère (viii): Phong Nha fait partie d’un plateau déchiqueté plus étendu, qui englobe également les karsts de Ke Bang et de Hin Namno. Le calcaire n’y est pas continu et présente une interstratification complexe de schistes et de grès. Ce phénomène, auquel s’ajoute celui de chapes de schistes et de granites apparents, a créé une topographie particulièrement distinctive.

Les grottes portent les marques d’épisodes événementiels distincts et séquentiels, chacun ayant laissé à leur passage différentes couches de fossiles, lesquelles étaient enfouies autrefois, mais sont à présent des paléokarstsà découvert (c’est-à-dire des karsts provenant de périodes antérieures, peut-être très anciennes, de solution). Les grottes portent les marques de changements majeurs ayant affecté le tracé des cours d’eau souterrains et celles de changements ayant affecté le régime de solution. On y constate également le dépôt, suivi plus tard de la redissolution, de spéléothèmes géants, ainsi que des éléments inhabituels, tels les stromatolites subaériens. La situation et la forme des grottes suggèrent qu’elles pourraient devoir leur taille et leur morphologie principalement aux effets encore indéterminés sur le calcaire, des schistes et des granites le couvrant. A la surface, il y a une série saisissante de paysages, allant de montagnes profondément déchiquetées et de plateaux et à un immense poljé. Il y a des traces d’au moins une période d’action hydrothermale dans l’évolution de ce système karstique ancien et mûr. Le plateau est probablement l’un des exemples les plus clairs et des meilleurs de topographie karstique complexe de l’Asie du Sud-Est.

La grotte Thiên Duong, une destination de prédilection des touristes au Parc national de Phong Nha-Ke Bàng. Photo: VNA/CVN

Phong Nha présente une quantité impressionnante de traces de l’histoire de la terre. C’est un site de très grand intérêt pour accroître notre compréhension de l’histoire géologique, géomorphique et géochronologique de la région.

Intégrité

Couvrant une superficie de 85.754 ha et limité à l’ouest par la République démocratique populaire lao, le Parc national de Phong Nha-Ke Bang possède, à l’intérieur de ses limites, tous les éléments nécessaires à la démonstration de ses valeurs géologiques exceptionnelles. Le site inscrit est entièrement entouré et protégé par une zone tampon d’environ 200.000 ha et comprend trois zones de gestion : une zone intégralement protégée (64.894 ha), une zone de restauration écologique (17.449 ha) et une zone de services administratifs (3.411 ha).

Un certain nombre de problèmes mettent en jeu l’intégrité du site, y compris le fait que la majeure partie du bassin versant n’est pas incluse dans les limites du site et qu’une route le traverse. Autrefois, c’étaient des problèmes liés au braconnage qui menaçaient les valeurs du site, mais ceux-ci sont considérés comme étant bien maîtrisés à présent. Toutefois, une gestion et une surveillance continues s’imposent pour s’assurer que le braconnage ne redevienne pas un problème.
Le site est situé dans une région très densément peuplée et, en conséquence, un certain nombre d’activités telles que la cultivation, le tourisme, le transport et la pêche ont également un impact sur l’intégrité du site. Toutefois, ces activités font l’objet de contrôles et de gestion stricts. De ce fait, le paysage naturel, les valeurs géologiques et géomorphiques, et les éléments clés tels la forêt primitive, les grottes, les rivières et les ruisseaux, faisant partie de l’aire inscrite, sont tous intacts.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Classé à l’origine Réserve naturelle en 1986, le Parc national de Phong Nha - Ke Bang a été créé en 2001 par le Premier Ministre, conformément à la Décision 189/QD-TTg, et est géré par un conseil de gestion. Le Conseil de gestion est responsable de la protection des ressources forestières et de la biodiversité et a été créé en 1994. La conservation des grottes et la mise en oeuvre de services administratifs sont du ressort du Centre culturel et écologique du tourisme, lequel relève du Conseil de gestion. La gestion du site est assurée par plus de 470 membres du personnel de formations techniques très diverses. Le site est également inscrit sur la Liste du patrimoine spécial nationale (2009) et fait partie du système de Forêts à utilisation spéciale (1999). Le Parc national est convenablement protégé par un certain nombre de lois nationales et de décisions gouvernementales, lesquelles interdisent toute action menée en-deça ou au-delà des limites de Parc national ou du site du Patrimoine mondial risquant d’avoir des incidences significatives sur les valeurs du patrimoine.

Un plan de gestion a été préparé en 2010 dans le cadre duquel des programmes rigoureux de conservation ont été mis en oeuvre, et un plan directeur révisé est en préparation. Un plan de gestion des visiteurs a également été préparé, et un plan d’action provincial pour contrôler la chasse et le commerce de la faune est en vigueur depuis 2005. En outre, le Conseil de gestion a dressé dix postes de garde-chasse et créé une unité de patrouille mobile afin de prévenir le braconnage à l’intérieur du site. La nature déchiquetée du paysage, la difficulté d’assurer la surveillance, le faible revenu de nombreuses familles locales, et la pénurie relative de ressources nécessaires au suivi, font qu’il est difficile d’éliminer le braconnage de la faune sauvage et la récolte illicite du bois, et que le défi qu’ils présentent exigera de futurs efforts soutenus si on ne veut pas qu’ils continuent à avoir un impact sur le site.

La route principale Hô Chi Minh, construite à l’extérieur et au nord du site, se justifie, de toute évidence, et est correctement située. Elle offre de nets bénéfices au Parc national en ouvrant des points de vue panoramiques et en donnant accès à la zone forestière de Ke Bang. La route principale améliore également énormément, tout au long de l’année, la circulation nord-sud du pays entier. Construite avec beaucoup d’égards pour l’environnement, la route de raccordement entre la route principale et la route 20, et qui traverse le site, est petite et a peu d’impact sur les valeurs naturelles du parc. La construction d’autres routes dans la région exigera une planification et une construction attentives, car les effets des processus de construction, ainsi que ses conséquences indirectes sur le site, pourraient menacer ses valeurs.

Les pressions liées au développement et à l’augmentation du nombre de touristes auront des incidences qu’il faudra continuer à évaluer, prévoir et gérer. A long-terme, la gestion du site portera en priorité sur la préservation de l’intégrité des valeurs géologiques et géomorphologiques, ainsi que sur l’environnement du site; le renforcement des dispositions législatives; la surveillance attentive des activités socioéconomiques menées à l’intérieur du Parc national; la création d’écovisites guidées adaptées; l’usage accru de la technologie appliquée à la gestion du patrimoine; la recherche afin de gagner une meilleure connaissance des valeurs du site; l’amélioration de la formation du personnel et la sensibilisation et l’implication des membres de la communauté.

UNESCO