Louvre, jeunesse et solennité lancent l'ère Macron

Lundi, 08 mai 2017 à 04:30:44
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Une foule dansant devant la pyramide du Louvre illuminée, un président jeune et grave marchant au son de l"Hymne à la joie, une Marseillaise entonnée en famille : telles ont été, dimanche soir, les premières images de la présidence d"Emmanuel Macron. Photo: Reuters.
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Nhân Dân en ligne - Une foule dansant devant la pyramide du Louvre illuminée, un président jeune et grave marchant au son de l'Hymne à la joie, une Marseillaise entonnée en famille : telles ont été, dimanche soir, les premières images de la présidence d'Emmanuel Macron.

"Je vous servirai avec amour", a déclaré le huitième chef d'Etat de la Ve République devant des dizaines de milliers de personnes réunies au coeur de Paris, drapeau tricolore en main.

C'est devant la pyramide du Louvre chère à François Mitterrand que le président de 39 ans, élu ce 7 mai 2017 avec environ 65% des voix face à Marine Le Pen, a célébré une victoire totalement imprévisible il y a un an.

Une victoire "de l'audace", a-t-il dit, placée sous le signe de la jeunesse, largement représentée dans la foule, et de l'Europe, symbolisée par l'Hymne à la joie de Ludwig van Beethoven joué à son arrivée, à pied, cour Napoléon.

Autant de symboles déterminants à l'heure de l'image reine et des réseaux sociaux, omniprésents dans une campagne électorale pleine de rebondissements.

"Une belle mise en scène quand même !", ont estimé des spectateurs venus écrire avec leur nouveau chef d'Etat ce nouveau chapitre de la vie politique française.

*Critiqué pour avoir fêté sa victoire au premier tour dans une brasserie parisienne en compagnie de célébrités, le nouveau président a joué, cette fois, la carte de la solennité.

"Ce soir, c'est la France, c'est le monde qui nous regarde", a-t-il dit, seul au milieu d'un décor cinématographique mettant en valeur l'un des plus beaux points de vue de Paris, rappelant la cérémonie d'intronisation de François Mitterrand au Panthéon en 1981.

Après son discours, son épouse Brigitte, chignon banane et larmes aux yeux, et toute sa famille sont venus entonner la Marseillaise à ses côtés.

On sentait beaucoup de soulagement chez les Parisiens - dont beaucoup de familles - venus se réjouir dès l'annonce des résultats, qui a provoqué une première scène d'exaltation au Louvre, faisant tournoyer les drapeaux donnés à l'arrivée dans le ciel couvert mais sec de la capitale.

"Je suis soulagée et très contente. C'est quelque chose de très positif, il y a tout à construire maintenant", confie Céline Clausener, venue avec ses deux petites filles. L'une d'elles dit son plaisir "car Emmanuel Macron est beau, et c'est la première fois qu'on a un beau président !"

Alors qu'en début de soirée sur scène, le chanteur américain Cris Cab entonne "Englishman in New York", un homme fait la comparaison avec le grand rassemblement place de la Bastille d'il y a cinq ans, après la victoire de François Hollande.

"En 2012, on était plus dans la foule. Aujourd'hui on est plus dans le show", note-t-il. "C'est différent, il y a beaucoup plus de jeunes qu'en 2012".

Alors que la cour Napoléon s'emplit à mesure que tombe la nuit, le disc jockey Michaël Canitrot fait danser la foule.

On est loin de Mireille Mathieu chantant la Marseillaise place de la Concorde pour Nicolas Sarkozy en 2007. Loin aussi, de la valse esquissée par François Hollande et Valérie Trierweiler sur la place de la cathédrale de Tulle, au son de l'accordéon jouant "La vie en rose", en 2012.

*Peu après 21h00, Emmanuel Macron prononce une première allocution en direct de son siège de campagne, dans le XVe arrondissement de Paris. "Aimons la France", demande-t-il, debout derrière un pupitre présidentiel où sont écrits les mots "Ensemble, la France", aux côtés des drapeaux français et européen.

Peu après l'annonce de sa victoire, il a reçu par téléphone les félicitations de François Hollande, qu'il rejoindra lundi sur les Champs-Elysées pour les cérémonies du 8-Mai. Puis Angela Merkel, qu'il ira rencontrer à Berlin.

Le monde entier a suivi la présidentielle française. Et à Paris, de nombreux étrangers sont venus la célébrer, à l'image d'Anaïs Berriman, Britannique de 22 ans, qui dit son soulagement. "Après le Brexit et Trump, je suis hyper, hyper contente. J'ai paniqué quand j'ai vu la montée de Le Pen", dit-elle, un drapeau français en main.

Comme elle, Anabela Magalhaes, Portugaise vivant en France, tenait à être là, même si elle n'a pas voté. "Il est ouvert aux autres pays, il représente l'espoir pour les jeunes", dit-elle.

La nuit tombée, Magic System entre en scène et chante avec la foule "Si t'aimes Emmanuel Macron tape dans tes mains".

La Marseillaise retentit aussi tandis que défile sur les écrans les mots "Liberté, Egalité, Fraternité", devise de la France que le président élu entend réhabiliter.

NDEL/REUTERS