Sa Huynh, un village qui ne manque pas de sel

Lundi, 17 avril 2017 à 04:22:47
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Photos: VOV
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Nhân Dân en ligne - «Tu peux me passer le sel, s’il te plaît», cette phrase est de celles que l’on prononce tous les jours, sans y prendre garde. Mais qui s’est déjà soucié de savoir d’où vient ce sel qui nous est tellement indispensable ? Le village salicole de Sa Huynh se trouve au sud de la province centrale de Quang Nam. Les marais salants qui y abondent en ont fait le grenier à sel du Centre.

Le nom d’origine de ce village était Sa Hoang. Sa Hoang veut dire «sable doré», ce qui correspond parfaitement à ce que l’on peut voir sur place. Mais comme Hoang était aussi le prénom du seigneur de l’époque, Nguyên Hoang, il a été décidé de rebaptiser le village. Il faut savoir qu’il était alors tabou d’évoquer le nom ou le prénom des membres de la famille royale. Du coup, Hoang est devenu Huynh et le village s’appelle définitivement Sa Huynh.

Voilà pour la petite histoire. Aujourd’hui dans ce village, on recense 550 foyers salicoles, soit environ 2000 saliculteurs en exercice, pour plus de 116 hectares de marais salants et une production annuelle comprise entre 8.000 et 9.000 tonnes. La saison salicole proprement dite débute au mois de mars et se termine au mois de septembre. Les saliculteurs travaillent alors la terre pour préparer la saison à venir.

Saliculteur ? Un métier plutôt pénible, d’autant plus que l’on doit travailler à la main, sous un soleil ardent. Mais il faut savoir que pour la plupart, les saliculteurs sont en fait… des salicultrices ! Pham Thi Vàng, de la commune de Phô Thach, une commune du district de Duc Phô : «Pour faire du sel, on fait entrer l’eau salée dans les arroyos et les réservoirs, puis on la laisse s’évaporer: c’est ça qui provoque la cristallisation.»

Nguyên Thi Be fait partie des salicultrices les plus chevronnées du village de Sa Huynh. Si l’on s’en tient à ses propos, il apparaît que le marché du sel est encore assez instable et que de nombreux saliculteurs sont obligés d’exercer une activité parallèle. Nguyên Thi Be elle-même tient un petit commerce en bordure de la nationale A1.

«Autrefois, il n’y avait rien d’autre que la saliculture, ici. Seulement, ça se passait entre le 1er et le 7ème mois lunaire et il fallait quand même se débrouiller pour en vivre pendant toute une année. Moi, avant, quand je ne faisais que ça, je ne gagnais que 20 millions de dongs par an. Maintenant, il y a tout de même plus d’activités : la pisciculture, le commerce… Ça permet de gagner un peu plus !...»

Ces dernières années, l’État s’est penché sur le sort des saliculteurs de Sa Huynh. Près de sept kilomètres de digue maritime ont ainsi été construits. Quant aux marais salants, ils ont été bétonnés et recouverts de papier argenté pour un tiers d’entre eux, ce qui a permis d’améliorer, et de beaucoup, la qualité du sel. Et le résultat est là ! Son sel étant utilisé dans la transformation des produits aquatiques et pour la consommation courante, Sa Huynh est devenu l’un des 3 greniers à sel du pays.

Mieux encore, Sa Huynh est devenu une destination touristique, comme en témoignent les nombreux hôtels et restaurants qui y ont vu le jour. Eh oui ! Naguère déshérité et sauvage, Sa Huynh s’est transformé en une jolie bourgade de bord de mer où il fait bon séjourner.

TÔ TUÂN/VOV