Phu Biên Tap Luc en 1776 de Lê Quy Dôn, document historique précieux sur les archipels de Hoàng Sa et Truong Sa

Mardi, 17 juin 2014 à 22:11:19
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Une des cartes publiées dans le livre "Phu Biên Tap Luc" rédigé en 1776 par Lê Quy Dôn. Photo: Le Comité national des frontières du Ministères vietnamien des Affaires étrangères.

Nhân Dân en ligne - Le Phu biên tap luc (Mélanges sur le Gouvernement des Marches) rédigé en 1776 par Lê Quy Dôn (1726 - 1784), un fameux érudit du Vietnam, est qualifié d’un document historique précieux sur les archipels de Hoàng Sa et Truong Sa.

Ce livre de 6 tomes a minutieusement présenté la géographie et les ressources naturelles des archipels de Hoàng Sa et Truong Sa, ainsi que la situation d'exploitation de ces ressources naturelles par les hommes du Seigneur Nguyên. En voici quelques extraits décrivant l’exercice de souveraineté par le Vietnam sur ces deux archipels:

“Au large du grand port du village de An Vinh, sous-préfecture de Binh Son, préfecture de Quang Nghia, il y a une montagne nommée Cu lao Ré (île de Ré) dont la largeur est évaluée à plus de 30 lieues. Autrefois, les habitants du hameau de Tu Chinh y cultivaient des haricots. On y arrive en traversant la mer en quatre veilles. Au delà de l’île de Ré s’étend l’archipel Dai Truong Sa dao (Iles aux Grandes et Longues Dunes). Il y a de nombreux produits marins et diverses marchandises. La Compagnie de Hoàng Sa avait été créée pour les recueillir. Il faut trois jours pour parvenir à l’archipel qui est proche du pays de la Mer du Nord”.

“Les augustes prédécesseurs de la dynastie régnante (c'est-à-dire les seigneurs Nguyên) avaient créé la Compagnie de Hoàng Sa composée de 70 soldats recrutés à tour de rôle parmi les habitants du village de An Vinh. Chargée de la mission de collectage, elle partait chaque année au troisième mois, munie de vivres pour six mois. Embarquée sur cinq petites jonques, elle traversait la mer en trois jours et trois nuits pour atteindre leur lieu de séjour qu'était cet archipel. Les marins y collectaient à leur guise divers produits, complétaient leur ration alimentaire par des poissons, acquéraient en grande quantité diverses marchandises provenant des navires naufragés et recueillaient beaucoup de produits marins. Au huitième mois, ils revenaient au port de Yêu Môn et se présentaient à la capitale de Phu Xuân pour la livraison de leurs acquisitions”.

“(…) Les Nguyên avaient également crée la Compagnie de la Mer du Nord (Bac Hai dôi) dont le nombre de recrues était indéterminé. Celles-ci étaient des volontaires originaires soit du hameau de Tu Chinh de la préfecture de Binh Thuân, soit du village de Canh Duong. Munis d’ordre de mission et exemptés d’impôts et des taxes de contrôle et d’embarquement, ces marins s’embarquaient sur de petites jonques de pêche qui leur appartenaient pour se diriger vers la Mer du Nord, les îles de Poulo-Condores, la région de Hà Tiên afin d’acquérir des carets, des tortues de mer appelées +hai ba+ et des holothuries. Le Commandant de la Compagnie de Hoàng Sa cumulait le commandement de celle de Bac Hai qui, en somme, n’acquérait que des produits marins, l’obtention de l’or, de l’argent et des marchandises importantes étant très limitée pour celle-ci”.

Ces passages indiquent que les activités d’exploitation par les Compagnies de Hoàng Sa et de Bac Hai ont eu lieu du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. Leurs activités étaient systématiques, et sur une base régulière, de huit mois par an. Les marins ont été recrutés par le gouvernement, ont reçu ses prestations du gouvernement, ainsi que les permis de travail et les instructions du gouvernement.

Le Phu bien tap luc, avec des descriptions minutieuses sur les archipels de Hoàng Sa et Truong Sa, la formation, les activités de la flottille de Hoàng Sa et Bac Hai, constitue une preuve indiscutable sur la souveraineté du Vietnam vis-à-vis de ces deux archipels.

VNA