Le chant printanier dans le vent à la fête des temples des rois Hùng

Lundi, 15 avril 2019 à 10:30:49
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Le +hat xoan+ est profondément ancré dans la terre de Phu Tho. Photo: VNA

Nhân Dân en ligne - Le hat xoan (chant printanier), de la province de Phu Tho, a été reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’Humanité en décembre 2017. Ce chant, qui est un art du spectacle, comprend bien sûr du chant, mais aussi de la danse et des percussions. Il est étroitement lié au culte des rois Hùng. C’est la raison pour laquelle il est très souvent à l’honneur lors de la fête des temples des rois Hùng, c’est-à-dire au 10e jour du 3e mois lunaire.

Lorsqu’arrive le 3e mois lunaire, et avec lui la fête des rois Hùng, la province de Phu Tho semble s’animer au son du xoan. Phan Thi Kiêm, qui habite dans la ville de Viêt Tri, fait partie des premiers artistes de Phu Tho à avoir reçu le titre d’artiste émérite. Désormais âgée de 110 ans, elle se rend tous les jours à la maison communale de son village pour préparer la fête. «Je suis très heureuse. J’espère pouvoir chanter plus longtemps», dit-elle.

Dans la maison communale du village de Kim Đái, on peut entendre des voix d’enfants, parmi lesquels Lê Thi Thu Hà et Ngô Quôc Cuong, qui interprètent un air de xoan intitulé «Trông bông, luông dâu». «J’aime beaucoup le chant xoan parce que ça fait partie du patrimoine culturel du peuple vietnamien».

«J’ai commencé à apprendre le xoan en première année de l’école primaire. J’aime beaucoup les mélodies. Les techniques ne sont pas trop difficiles pour moi. J’interprète régulièrement le chant xoan lorsque mon école organise des programmes artistiques».

Thu Hà et Quôc Cuong font partie de la 4e génération de chanteurs de xoan de la province de Phu Tho. Pour que le xoan soit transmis aux générations futures, certains artistes chevronnés comme l’artiste émérite Lê Xuân Ngu, de la commune de Kim Duc, sont prêts à donner d’eux-mêmes.

«Nous apprenons aux enfants à chanter le chant à l'entrée de la maison communale et le chant xoan. L’important, c’est de leur faire comprendre les rites liées au culte des rois Hùng», explique-t-il.

Depuis sa reconnaissance par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’Humanité, le chant xoan fait l’objet, à Phu Tho, de nombreux programmes de préservation, axés en général sur la transmission. Résultat: le nombre de personnes capables de transmettre ce chant est passé de 7 à 70. Il faut avoir en outre que le chant xoan est pratiqué actuellement dans 18 communes des provinces Phu Tho et Vinh Phuc.

À Phu Tho, les autorités provinciales encouragent également les recherches et les collectes de documents et de témoignages sur les légendes et les rites liés au culte des rois Hùng. Sur le plan matériel, elles ont restauré 19 sites importants, dont le temple de Lai Lèn, lieu de naissance du chant xoan.

D’après le musicologue Dang Hoành Loan, le chant xoan est une forme d'art sacré communautaire qui prend toute sa dimension dans les temples. Il faut donc préserver ces espaces religieux et culturels afin de valoriser le chant xoan et de le présenter aux publics vietnamiens et étrangers.

«Il faut préserver les espaces religieux et développer le chant xoan dans les maisons communales. Mais il faut aussi qu’il y en ait davantage dans les activités communautaires», estime-t-il.

À l’occasion de la fête des rois Hùng, des démonstrations de chant xoan sont proposées aux visiteurs qui se rendent aux temples des rois Hùng. Un circuit touristique intitulé «Du chant xoan au village» a été mis en service depuis plusieurs années pour permettre aux visiteurs de découvrir ce patrimoine culturel immatériel de l'humanité. La province de Phu Tho souhaite désormais introduire le chant xoan dans les rencontres internationales et le promouvoir dans les médias.

VOV/NDEL